Construire des parcours d’insertion professionnelle

L’activité professionnelle en détention est indispensable pour préparer l’insertion et l’avenir de chacun.

Pourtant, moins de 29% des personnes détenues ont une activité professionnelle en détention.

L’Agence a pour mission de développer et de diversifier l’activité professionnelle en prison.

Pourquoi préparer l’insertion professionnelle dès la détention ?

1. Préparer la réinsertion

Le temps de la détention peut aussi permettre de construire un parcours d’insertion vers le retour à l’emploi. L’activité professionnelle permet à la fois la découverte d’un métier et l’acquisition de compétences.

2. Prévenir la récidive

L’acquisition d’un métier et le retour à l’emploi sécurisent les parcours de sortie et permettent de réduire la récidive. L’insertion professionnelle est un outil efficace pour la sécurité de tous.

3. Indemniser les victimes

Les personnes détenues qui travaillent ou se forment sont rémunérées. Cela leur permet :

– d’indemniser les éventuelles victimes dans le cas de dommages et intérêts

– de constituer un pécule de sortie qui permet de préparer la réinsertion

– d’exercer leurs responsabilités familiales en prenant part aux dépenses extérieures ou en pesant moins sur celles

4. Donner du sens à la peine

L’activité professionnelle permet de réduire l’inactivité et de renforcer l’autonomisation et la responsabilisation des personnes détenues

L’activité professionnelle en détention peut prendre différentes formes

Le travail pénitentiaire

Les personnes détenues peuvent travailler en prison :

– au service général : entretien et maintenance des locaux (peinture, plomberie, nettoyage…), restauration, buanderie…

– dans les ateliers de production pour le compte d’entreprises ou pour la régie industrielle gérée par l’agence : confection, textile, métallurgie, menuiserie, assemblage, recyclage…

La formation professionnelle

Les personnes détenues peuvent avoir accès à une formation professionnelle en détention :

– qualifiante ou certifiante, porteuse sur le marché de l’emploi : titres professionnels, CAP (bâtiment, restauration, numérique…).

– tournée vers l’exterieur : la continuité des parcours dedans / dehors est encouragée et des aménagements de peine sont possibles pour poursuivre une formation à l’extérieur

– la valorisation des acquis de l’expérience (VAE) est également possible en prison

Autres dispositifs

L’agence pilote également l’expérimentation et le déploiement de différents dispositifs qui favorisent l’insertion professionnelle dès la détention :

– L’IAE en détention : Les structures d’insertion par l’activité économique (SIAE) accompagnent l’insertion des personnes éloignées de l’emploi. Ce dispositif est expérimenté en détention depuis 2016 et favorise l’insertion des personnes bientôt libérées. Il doit être largement déployé.

– L’apprentissage : Qualifiant et très recherché par les entreprises, l’apprentissage est le dispositif le plus efficace pour intégrer les jeunes (de 16 à 29 ans) sur le marché du travail. Une expérimentation est lancée pour le développer en détention.

– Les entreprises adaptées : Les

entreprises adaptées proposent un travail et un accompagnement à l’insertion professionnelle aux personnes porteuses d’un handicap. Une expérimentation est lancée pour permettre à ces entreprises de s’implanter en détention.

Les différents acteurs de l’insertion professionnelle en établissement pénitentiaire

La réussite des parcours d’insertion s’appuie sur les compétences complémentaires d’un ensemble d’acteurs. La co-construction est indispensable pour réussir ce défi d’inclusion.

L’établissement pénitentiaire

L’établissement co-construit l’offre de travail et de formation et déploie les moyens nécessaires pour soutenir l’insertion. Les candidats au travail et à la formation sont sélectionnés par la direction de l’établissement, avec le concours éventuel des autres acteurs (entreprises, organismes de formation…)

Le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP)

Coordonne le parcours d’exécution de peine. Le conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation accompagne l’élaboration du parcours d’insertion et les projets d’aménagement de peine.

Le conseil régional

Compétente en matière de formation professionnelle, la Région élabore le cahier des charges des formations dispensées en prison. Elle en assure le financement et le suivi de sa mise en oeuvre.

En savoir plus sur le rôle des régions

L’entreprise

est l’acteur incontournable de l’insertion professionnelle en prison : elle peut implanter un atelier de travail au sein de la détention pour faire travailler des personnes détenues et peut aussi embaucher des personnes sortant de prison.

Le service public de l’emploi

Pôle emploi et les missions locales sont présents dans tous les établissements pour assurer l’accompagnement des personnes détenues en fin de peine en vue d’une réinsertion durable.

Les organismes de formation

Conçoivent et réalisent les formations dispensées en prison. Les centres de formation des apprentis (CFA) permettent la mise en place du dispositif d’apprentissage des personnes détenues.

Les associations

Assurent un accompagnement socio-professionnel auprès des personnes détenues, dans une logique d’accompagnement à la sortie.

Les chiffres clés du travail et de la formation en prison

36,726,607
heures travaillées en prison
8,681
personnes détenues en formation profesionnelle
43 %
obtiennent une qualification profesionnelle