Une plateforme recense désormais les offres, permettant aux magistrats d’adapter les peines au profil des auteurs d’infractions. Albin Heuman, en charge de cet outil, détaille son fonctionnement.

Albin Heuman est l’un des principaux artisans de la nouvelle agence dédiée au Travail d’intérêt général et de l’insertion professionnelle des personnes sous main de justice. En tant désormais que directeur, il vient d’ouvrir cette plateforme aux magistrats, qui ont accès à l’offre en ligne et peuvent adapter la peine au profil des auteurs et à la nature des infractions. Il explique ici les développements de son projet.

Le Figaro : Vous ouvrez aujourd’hui votre plateforme de Travail d’intérêt général (TIG) aux magistrats, à quoi va leur servir cet outil ?

Albin Heuman : Pour la première fois les magistrats, qu’ils soient au parquet, au siège ou à l’application des peines, vont bénéficier d’une vue d’ensemble totale des postes de travail d’intérêt général en temps réel. Cela va leur permettre de mieux adapter la sanction à l’infraction commise et la rendre plus efficace. Nous ne nous contentons pas de donner aux magistrats des identifiants mais nous faisons intervenir nos référents régionaux qui ont été formés à l’utilisation de cette plateforme afin de convaincre, en trois clics, les magistrats de son utilisation et de son utilité. Nous la tenons également prête à l’usage des avocats. Nous aimerions qu’ils puissent également s’emparer de cette peine et travailler avec leur client sur le consentement à cette dernière. Trop souvent, les auteurs disent oui à cette peine car heureux d’éviter la prison puis découvrent qu’il s’agit de travail gratuit ou imposé le week-end, s’ils travaillent déjà. Cette démarche faciliterait l’exécution de la peine.

Le travail d’intérêt général est marqué par le manque de postes proposés. Or vous avez l’ambition de proposer, à terme, 30 000 postes.

en êtes-vous ?

En six mois, notre plateforme est passée d’une offre de 18 000 à 21 0000 postes. Notre but est de diversifier le plus possible notre offre qui s’est trop longtemps cantonnée à l’entretien des espaces verts ou bâtimentaires. Cela ne permettait pas forcément de répondre au profil des personnes condamnées et à la nature des infractions commises. C’est le sens de notre partenariat avec 34 grands partenaires annoncés par la Garde des sceaux en novembre dernier. Désormais, sont ouverts des postes d’accueil et administratifs, non seulement dans les collectivités territoriales et les associations mais aussi dans les hôpitaux. Désormais, nous pouvons également faire des expérimentations avec des sociétés commerciales spécialisées dans les activités sociales et solidaires. C’est une grande avancée puisque jusque-là, nous étions en fait cantonnés aux organismes en charge d’une mission de service public.

La réussite de ce type de projet repose sur les moyens accordés. Après une première expérimentation de votre plateforme à Dijon, Mâcon, Lille ou Béthune, ou en êtes vous ?

Nous avons recruté un réseau de 35 référents territoriaux dédiés et lourdement formés qui non seulement assurent au sein des services d’insertion et de probation un soutien auprès des tuteurs et des maîtres de stage, mais aussi qui démarchent efficacement les structures d’accueil grâce à des outils de communication et de prospection. D’ici la fin 2020, nous compterons 61 référents territoriaux. De quoi augmenter l’efficacité de notre dispositif.

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